La tribune de l’eurodéputé André Rougé dans Le Journal du Dimanche a touché un point névralgique du moment non pas parce qu’elle serait outrancière, mais parce qu’elle a su mettre le doigt sur l’essentiel. La crise française ne peut plus s’expliquer par une erreur de casting, un ministre défaillant ou une réforme mal calibrée.
Près de huit décennies après avoir proclamé son indépendance et adopté une Constitution définissant le pays comme une « Union d’États », une question reste sans réponse : où s’arrête l’unité fédérale et où commence le droit à l’autodétermination ?
L’Europe est entrée dans une ère où les anciennes illusions diplomatiques ont cessé de fonctionner, tandis que les nouvelles règles du jeu ne se sont pas encore cristallisées en un système stable. À l’Est, la menace militaire n’est plus un scénario théorique depuis février 2022, mais une réalité stratégique.
La guerre totale déclenchée par la Russie contre l’Ukraine s’est imposée comme l’un des conflits les plus longs et les plus féroces du XXIe siècle. Mais au-delà de sa durée et de son intensité, elle a profondément bouleversé la grammaire même de la guerre contemporaine.
Dans l’espace politique et médiatique européen, certains mots s’énoncent avec gravité, presque comme des évidences sacrées : universalité des droits humains, dignité des victimes, intolérabilité de la violence ethnique, droit à la mémoire, devoir d’écoute.
À Téhéran, on a basculé dans le mode le plus dur, le plus cynique et, paradoxalement, le plus rationnel qui soit : le mode survie. Cet état particulier où l’État cesse de raisonner en points de croissance, en courbes macroéconomiques et en capital de sympathie à l’étranger. L’illusion de la normalité s’efface.
Ce qui se joue aujourd’hui sur le continent africain sous l’égide de l’Église orthodoxe russe pourrait bien constituer l’expansion institutionnelle la plus spectaculaire de l’histoire du patriarcat de Moscou – et, simultanément, un nouvel instrument structuré de l’influence extérieure du Kremlin.
La visite du Premier ministre arménien Nikol Pachinian en Géorgie et les remerciements publics qu’il a adressés à Tbilissi pour son rôle dans le processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dépassent de loin le cadre du simple protocole diplomatique.
Le marché pétrolier aime se donner des airs de vieux cynique. Il a traversé des révolutions, des guerres de sanctions, une pandémie mondiale et des blocages de routes maritimes. Pourtant, il existe un nerf à vif auquel on ne touche pas sans conséquences : le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.
Dans l’imaginaire collectif, l’intelligence artificielle a longtemps été vendue comme une simple histoire d’efficacité : moins de tâches ingrates, plus de productivité, des profits dopés, des services moins chers, et à la clé une société plus prospère.
Le 26 février, Londres a accueilli une réunion inédite au format « Royaume-Uni + cinq pays d’Asie centrale » - Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan - sous la présidence de la cheffe du Foreign Office, Yvette Cooper. L’essentiel ne réside ni dans la photo officielle ni dans la liturgie diplomatique.
Un paradoxe, aujourd’hui, travaille nos sociétés au corps, plus corrosif que bien des batailles idéologiques. Les indicateurs sont au vert, les rapports annuels scintillent, les courbes du PIB s’élèvent avec une régularité rassurante.
L’Union européenne a entamé 2026 sous le signe d’un ralentissement qui n’a plus rien d’un simple trou d’air conjoncturel. Ce n’est ni l’onde de choc d’un seul choc exogène, ni la séquelle d’une crise isolée. C’est un enlisement structurel. Sur le papier, la croissance est là.
Les investisseurs désertent en masse les valeurs chinoises de l’électrique, redoutant un brutal retournement de cycle dans un secteur longtemps présenté comme irrésistible.
Août 2025, place Vieille à Moscou. Rien, ou presque. Pas de fuites savamment orchestrées, pas de réunions mises en scène, pas de rapports publics. Le silence, méthodique. Le 29 août, un décret présidentiel – le n°607 – est signé. Sur le papier : suppression de deux directions administratives et création d’une nouvelle entité.
Comment la transition énergétique mondiale, malgré l’affaiblissement manifeste des politiques climatiques et le révisionnisme politique des pays développés, continue de s’accélérer, transformant non seulement l’architecture de la production d’énergie, mais aussi les fondements mêmes de l’économie globale et de l’autonomie stratégique
Analyse
Le monde après les illusions : le retour de l’Histoire et la nouvelle lutte des civilisations
Il y a un peu plus de trente ans, la pensée politique occidentale a connu un moment d’ivresse dangereuse.