...

Au cours des premières années de son indépendance, l’Azerbaïdjan a dû simultanément bâtir son Etat, mener une guerre et surmonter un très grave blocus informationnel international.

C’est ce qu’a déclaré Hassan Hassanov, éminent homme d’Etat et personnalité sociopolitique, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, dans le nouvel épisode du projet vidéo analytique Réseau de Bakou, « Dialogue avec Tofig Abbasov ».

Selon lui, le rétablissement de l’indépendance de l’Azerbaïdjan est intervenu durant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire contemporaine du pays.

Hassan Hassanov a souligné qu’au début des années 1990, l’Azerbaïdjan se trouvait dans une situation extrêmement difficile, y compris sur la scène internationale. De nombreux Etats n’avaient pratiquement aucune idée de ce qui se passait dans le pays, tandis que la partie arménienne disposait déjà de solides positions politiques et informationnelles.

« Nous ne partions pas de zéro, mais d’une attitude négative envers l’Azerbaïdjan et d’une attitude positive envers l’Arménie », a-t-il ajouté.

Hassan Hassanov a raconté que Choucha avait été occupée littéralement deux jours après qu’il eut remis ses lettres de créance au secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali.

« Je n’avais pas le temps de prendre mes marques. Dès le deuxième jour, je devais déjà défendre les intérêts de l’Azerbaïdjan à travers le cas de Choucha. Il fallait briser le blocus informationnel dans des conditions absolument défavorables », a-t-il déclaré.

Evoquant l’école diplomatique du leader national Heydar Aliyev, Hassan Hassanov a cité parmi ses qualités essentielles sa capacité à prendre instantanément des décisions stratégiques.

« On pourrait citer mille qualités positives de Heydar Aliyev. Mais la toute première était sa capacité à prendre une décision immédiatement », a-t-il souligné.

Selon l’ancien chef de la diplomatie, le leader national Heydar Aliyev avait proposé à plusieurs reprises à la partie arménienne différentes formules de compromis pour parvenir à un règlement, mais Erevan les avait rejetées.

« Même Ter-Petrossian avait mieux anticipé l’avenir que les autres Arméniens et disait à ses compagnons : vous refusez aujourd’hui ce que vous propose l’Azerbaïdjan, mais le jour viendra ou vous le regretterez », a déclaré Hassan Hassanov.

Il a accordé une attention particulière à la politique du président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliyev et aux nombreuses années de préparation de l’Etat en vue du rétablissement de son intégrité territoriale.

« En 2003, lors de son investiture, le président Ilham Aliyev a déclaré que nous libérerions le Karabakh. A l’époque, il ne faisait pas simplement une promesse : il connaissait la voie qu’il fallait suivre », a déclaré Hassan Hassanov.

Il a souligné que la constance et le pragmatisme étaient précisément devenus les caractéristiques déterminantes de la politique du chef de l’Etat.

« Les responsables politiques se limitent souvent à leurs déclarations. Le président Ilham Aliyev, lui, a réglé le problème du conflit du Karabakh précisément par une approche pragmatique », a déclaré Hassan Hassanov.

Selon lui, après sa victoire, l’Azerbaïdjan a également choisi une voie pragmatique : ne pas faire du succès militaire une fin en soi, mais en consolider politiquement les résultats.

« Il faut renforcer cette victoire pas à pas, tout en construisant des relations avec un pays qui, il y a encore peu, était ouvertement un ennemi », a déclaré Hassan Hassanov.

Il a toutefois souligné que la mémoire historique ne devait pas signifier une hostilité éternelle.

« Nous n’oublierons pas les destructions que nous avons subies, nous n’oublierons pas le déplacement forcé de notre population, les milliers de morts, les milliers de destins brisés. Mais cela ne signifie pas que nous devions rester éternellement dans un état d’hostilité. Sans oublier le passé, il faut construire une nouvelle ligne juste pour notre vie future », a-t-il déclaré.

Hassan Hassanov s’est dit convaincu que la paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie était possible, mais qu’Erevan devait pour cela faire preuve de volonté politique.

Nous présentons à l’attention de nos lecteurs l’enregistrement vidéo intégral de l’émission.