Une nouvelle édition du projet vidéo analytique Dialogue avec Tofik Abbasov a été diffusée sur la plateforme Baku Network. L’invitée de cette émission était Inna Kostina, artiste émérite d’Azerbaïdjan, figure incontournable de la scène culturelle du pays.
« L’art, rempart contre le chaos du monde »
Dès les premiers instants de l’entretien, Inna Kostina a posé le ton : malgré les tensions qui secouent la planète, l’humanité garde cette force inaltérable de renaissance, portée par la culture et la spiritualité.
« Nous, gens de l’art, avons pour mission de veiller à l’âme du monde. Notre rôle, c’est de bâtir un héritage et d’élever la jeunesse par la beauté et la bonté », affirme-t-elle avec conviction.
Une exposition entre souvenirs d’enfance et éclats d’espoir
L’artiste est revenue sur sa dernière exposition intitulée Le Temps des miracles, inaugurée à Portland, dans l’État de l’Oregon, avant de revenir à Bakou, exposée non loin de la Tour de la Vierge, un haut lieu symbolique. Cette série regroupe une soixantaine de petites œuvres, baignant dans la nostalgie lumineuse de l’enfance.
« À l’étranger, je suis l’ambassadrice de l’art azerbaïdjanais. Je raconte notre pays. Ici, le public me connaît déjà, il attend toujours ce que je vais proposer de nouveau », explique-t-elle.
Refuser la noirceur, choisir la lumière
Interrogée sur son approche créative, Inna Kostina assume un choix radical : celui d’écarter la violence et le pessimisme de son œuvre.
« Le monde est déjà suffisamment agressif. Un artiste ne doit pas projeter ses souffrances sur autrui. Il a le devoir de porter la lumière. »
Et pourtant, l’ombre n’a pas toujours été absente de sa palette. Le jour même du déclenchement de la seconde guerre du Karabagh, elle peint un paysage sombre, traversé d’une lune rouge sang. Mais après la victoire, son art retrouve des teintes plus douces, plus solaires.
Le dialogue culturel, une urgence commune
L’une des thématiques majeures de l’entretien fut la nécessité d’intensifier les échanges culturels dans une région souvent fracturée par les conflits.
« Je suis convaincue que les gens de culture, ceux qui pensent, feront le premier pas — des deux côtés », lance-t-elle, plaidant pour un dialogue franc et fécond entre créateurs des pays voisins.
Transmettre, élever, inspirer
Enfin, Inna Kostina a évoqué sa longue implication dans l’enseignement artistique. Depuis plus de 35 ans, elle dirige la célèbre école Les Sept Papillons Colorés, véritable pépinière de talents. Beaucoup de ses anciens élèves sont aujourd’hui architectes, peintres ou décorateurs de cinéma, formés à Londres ou à New York. Elle a également enseigné de nombreuses années à l’Académie des Beaux-Arts d’Azerbaïdjan.
« La jeunesse ici est magnifique. Il n’y a pas de conflit de générations. J’essaie toujours d’être là pour mes élèves, surtout pour les jeunes filles. Pour elles, je suis presque une mère », confie-t-elle.
Retrouvez l'intégralité de l’émission en vidéo dans le lien ci-dessous.




