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Sur la plateforme analytique Baku Network, un nouvel épisode de l’émission « Dialogue avec Tofiq Abbasov » vient d’être diffusé. Cette fois, le débat s’est concentré sur les perspectives d’un règlement pacifique durable et sur la restauration de relations normales entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Un invité de marque : Kerim Allahverdiyev, scientifique de renommée internationale

Le plateau accueillait Kerim Allahverdiyev, docteur en sciences physiques et mathématiques, professeur, membre titulaire de l’Académie européenne. Célèbre pour ses travaux pionniers en physique des lasers, Allahverdiyev est également connu pour son analyse lucide et dénuée de passion des processus sociaux et géopolitiques.

Les obstacles à la normalisation : un climat de confrontation entretenu artificiellement

Au cœur de la discussion, une question cruciale : quels défis freinent la normalisation des relations après la guerre ?
Selon le professeur, une grande partie de ces obstacles est fabriquée de toutes pièces et entretenue par les groupes politiques nationalistes, en particulier par les structures dashnaks, historiquement influentes dans la vie politique arménienne.

« Le parti dachnak, même s’il ne détient pas le pouvoir formellement, garde une emprise réelle partout où vivent des Arméniens », explique Allahverdiyev.
« Ses méthodes sont classiques : intimidation, persuasion, achat de loyautés. Cela dépasse depuis longtemps le cadre politique. »

Une Arménie tiraillée entre nationalisme et pragmatisme

Abordant la situation intérieure, l’expert souligne que le parti au pouvoir à Erevan, Contrat civil, s’efforce de réduire la tension et d’amorcer une approche plus rationnelle du dialogue avec Bakou.
Mais les forces nationalistes, profondément ancrées dans la société, freinent ce mouvement.

« En Arménie, le nationalisme n’est pas seulement une idéologie, c’est une manière d’être, un réflexe social forgé depuis des décennies », observe le chercheur.
« À ce titre, son éradication prendra du temps. »

Le facteur humain : clé de la réconciliation

Malgré les tensions, Allahverdiyev demeure convaincu que la pierre angulaire du processus de normalisation sera le contact humain direct — non pas les formules diplomatiques abstraites, mais les relations professionnelles, les échanges universitaires, les projets communs.

Il évoque son expérience personnelle lors de conférences internationales : « Avec mes collègues arméniens de la diaspora, je n’ai jamais senti d’hostilité. Ils disent franchement que le conflit ne sert à personne. Mais en Arménie même, peu osent encore l’admettre publiquement. »

Un avenir inévitablement commun

En conclusion, Allahverdiyev estime que le retour à des relations normales entre les deux nations est non seulement possible, mais inéluctable :
« Ce processus est déjà en marche. L’essentiel est d’empêcher les nationalistes de dicter le scénario du futur. »

Le présentateur Tofiq Abbasov a partagé cette conviction, soulignant que le Caucase entre dans une ère où la raison et le dialogue direct entre les peuples façonneront la nouvelle architecture régionale.

La vidéo complète de l’entretien est disponible sur la plateforme Baku Network.