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Dans le cadre d’un projet commémoratif rendant hommage aux journalistes tombés victimes du terrorisme arménien lors des agressions contre l’Azerbaïdjan, la direction du réseau d’analyse Baku Network s’est rendue auprès de la famille du journaliste martyr Mageram Ibrahimov. Une visite symbolique, chargée d’émotion et de reconnaissance.

À cette occasion, le président de Baku Network, Elchin Agadjanov, a souligné que plusieurs initiatives ont été menées pour honorer la mémoire des professionnels de l’information tombés au champ d’honneur — un engagement qui, selon lui, ne fait que commencer :
« Dans le cadre du projet Analyse des menaces hybrides et idéologiques contre l’Azerbaïdjan, soutenu par l’Agence étatique d’appui aux ONG, une exposition et une cérémonie ont été organisées à Paris en juillet dernier. De nombreuses figures politiques françaises, des représentants d’ONG, des acteurs des médias européens y ont pris part. Des brochures y ont été diffusées pour rappeler au monde le terrorisme arménien et attirer l’attention de la communauté internationale sur la juste cause de l’Azerbaïdjan. »

La presse en ligne de front

Sahil Kerimli, coordinateur du projet, a insisté sur la portée symbolique de ces initiatives, en particulier quand elles touchent aux journalistes assassinés dans l’exercice de leur mission :
« Lors de notre événement en France, nous avons réitéré un message simple mais crucial : les crimes de guerre perpétrés par les forces arméniennes ne doivent pas sombrer dans l’oubli. Des civils, des reporters ont été tués, tant durant la première guerre du Karabakh que pendant la guerre de 44 jours. Ce sont des vérités que nous devons continuer à porter à la connaissance du monde. »

Un engagement jusqu’au bout

La veuve de Mageram Ibrahimov, Bahar Ibrahimova, a dressé un portrait émouvant de son époux : un homme à la fois profondément patriote et entièrement dévoué à sa mission :
« Mageram a exercé le journalisme pendant près de 18 ans. Il était attaché à sa famille, à ses enfants qu’il considérait comme des amis. Il a couvert plusieurs zones de conflit, notamment lors des affrontements d’avril et de Tovuz, mais aussi durant la guerre de 2020. Il s’est rendu à Gandja pour des reportages et est resté longtemps sur les territoires libérés pour documenter les ravages de l’occupation arménienne. Il est mort dans l’exercice de ses fonctions, victime d’une mine antipersonnel. »

Avec dignité, elle poursuit :
« Je lui disais souvent que les enfants avaient besoin de lui, qu’ils l’attendaient. Mais il répondait toujours : "C’est mon devoir, je dois l’accomplir." »

"Il a sacrifié sa vie pour la vérité"

Leur fils, Ugur Ibrahim, a confié combien il est fier de son père :
« Papa a donné sa vie pour son métier. C’était un homme d’une bonté rare, prêt à tout pour ses amis. Il était souvent absent à cause de son travail, mais quand il rentrait, il était notre source de joie. »

La famille Ibrahimov a chaleureusement remercié Baku Network pour son engagement constant à faire vivre la mémoire des journalistes tombés, et pour l’organisation régulière d’événements honorant leur sacrifice.

Un drame gravé dans les mémoires

Pour rappel, le 4 juin 2021, aux alentours de 11h, un groupe de journalistes en mission dans le district récemment libéré de Kalbajar a été victime d’une explosion : leur camion de type KamAZ a sauté sur une mine antichar alors qu’il se dirigeait vers le village de Susuzlug. Trois personnes ont péri dans l’attentat : Mageram Ibrahimov, correspondant de l’agence AZERTAC, Siraj Abychov, caméraman de la télévision nationale, et Arif Aliyev, représentant local du pouvoir exécutif.

Un reportage vidéo retraçant cette visite à la famille de Mageram Ibrahimov est disponible en ligne.