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Dans le cadre d’un projet consacré à la mémoire des journalistes victimes du terrorisme arménien contre l’Azerbaïdjan, la direction du think tank Baku Network s’est rendue auprès de la famille de Siradj Abychov, reporter tombé dans l’exercice de ses fonctions.

Une mémoire vivante et un engagement durable

Lors de cette rencontre, une discussion approfondie a eu lieu sur la vie et le parcours professionnel de Siradj Abychov, journaliste de terrain tué en mission dans la région libérée de Kalbajar. Le président du Baku Network, Elchin Agadjanov, a souligné que plusieurs projets ont été mis en œuvre pour honorer la mémoire des journalistes disparus, et que ces initiatives continueront : « Dans le cadre du projet Analyse des menaces hybrides et idéologiques contre l’Azerbaïdjan, mené avec le soutien de l’Agence étatique pour le soutien aux ONG, un événement s’est tenu à Paris en juillet dernier. Une exposition y a été consacrée aux journalistes martyrs. »

Des personnalités politiques de renom, des figures de la société civile et des représentants des grands médias européens y ont participé. « Nous avons distribué des brochures pour rappeler la vérité sur le terrorisme arménien et sensibiliser la communauté internationale à la quête de justice menée par l’Azerbaïdjan », a ajouté Agadjanov.

Rappeler les crimes oubliés

Sahyl Kerimli, directeur de projet au sein du Baku Network, a quant à lui réaffirmé l’importance de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les crimes commis à l’encontre des civils et des journalistes : « En France, nous avons rappelé une fois encore que les forces d’occupation arméniennes ont perpétré des crimes de guerre contre des innocents. Que ce soit lors de la première guerre du Karabakh ou pendant la guerre de 44 jours, les journalistes ont payé de leur vie. Nos projets continueront pour rendre justice à leur mémoire. »

Un patriotisme forgé dans le feu de l’histoire

Le père de Siradj, Abych Samedov, a évoqué avec émotion le choix de ses deux fils, tous deux journalistes, de se porter volontaires pour partir au front : « Après la victoire historique de la guerre des 44 jours, Siradj a été envoyé sur les terres libérées pour documenter les ravages laissés par l’occupation. Il appelait souvent pour me rassurer. C’était un homme attentionné, un vrai patriote. Je suis fier d’avoir élevé un tel fils. »

Son frère, Shirzad Samedov, a lui aussi témoigné : « Le patriotisme faisait partie de notre ADN familial. Nous avons grandi avec la mémoire de notre oncle tué pendant la première guerre du Karabakh, élevés dans un sentiment de perte et de devoir. Enfants déplacés, nous jouions à la guerre dans les cours, et Siradj imitait notre héros national, Chingiz Mustafayev. Ce qu’il ignorait, c’est qu’un jour, leurs destins se rejoindraient tragiquement. »

Suite dans le prochain message…

Une reconnaissance nationale à la hauteur du sacrifice

Shirzad Samedov a également salué le soutien de l’État à la famille de son frère : « Le président Ilham Aliev a décoré Siradj de l’ordre du Mérite pour la Patrie de 3e classe, ainsi que des médailles pour son engagement dans l’éducation patriotique militaire et la coopération dans le domaine de la défense. Notre famille a reçu un appartement de trois pièces à proximité de notre logement actuel. C’est un geste fort, un symbole de l’attention portée non seulement à notre douleur, mais à celle de toutes les familles de martyrs. »

Un devoir de mémoire qui transcende le temps

Les membres de la famille de Siradj Abychov ont exprimé leur gratitude au Baku Network pour leur fidélité dans l’hommage rendu aux journalistes tombés au champ d’honneur. L’association organise régulièrement des actions pour perpétuer leur mémoire et sensibiliser l’opinion publique, en Azerbaïdjan comme à l’étranger.

Un drame qui reste gravé dans les mémoires

Rappelons qu’un tragique incident a coûté la vie à Siradj Abychov le 4 juin 2021. Ce jour-là, aux environs de 11 heures, un groupe de journalistes en mission dans le district libéré de Kalbajar est tombé dans une embuscade mortelle : leur camion « KamAZ », se dirigeant vers le village de Sousouzloug, a roulé sur une mine antichar. Le choc a tué sur le coup trois personnes : Mageram Ibragimov, correspondant de l’agence AZERTAC, Siradj Abychov, opérateur pour la télévision nationale azerbaïdjanaise, et Arif Aliev, représentant local du pouvoir exécutif.

Un reportage vidéo a été réalisé au domicile familial du défunt pour témoigner de cette visite, entre recueillement et transmission de mémoire.

Le souvenir de Siradj Abychov, comme celui de tant d’autres journalistes tombés en couvrant la guerre, reste vivant. Et avec lui, une vérité que l’Azerbaïdjan s’engage à ne pas laisser enfouie sous les décombres de l’oubli.