La crise autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz n’a pas été un simple épisode supplémentaire des turbulences chroniques du Moyen-Orient. Elle s’est muée en véritable crash-test de l’architecture de puissance que les États-Unis ont patiemment édifiée dans le Golfe persique depuis des décennies : bases militaires, garanties de sécurité, ventes d’armes, règlements en dollars, fidélité politique et arrimage des capitaux souverains alliés au système financier américain.
Longtemps perçue comme auto-entretenue, cette mécanique a révélé sa faille en 2025–2026 : les alliés paient pour la protection tant que la protection fonctionne. Dès lors que le coût de la sécurité excède ses bénéfices concrets, la question n’est plus tactique, elle devient stratégique. Et c’est précisément à ce point de bascule que la région s’approche aujourd’hui à grande vitesse.
Le détroit d’Ormuz, dans cette équation, n’est pas un simple passage maritime : il est le concentré de la dépendance mondiale. En 2024, environ 20 millions de barils de pétrole par jour - soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides - y transitaient, un chiffre monté à 20,9 millions au premier semestre 2025 selon les données américaines. À cela s’ajoutent plus de 112 milliards de mètres cubes de GNL en 2025, soit près d’un cinquième du commerce mondial de gaz liquéfié. Pour le Qatar et les Émirats arabes unis, la route est quasi vitale : 93 % du GNL qatari et 96 % de celui des Émirats empruntent ce goulet d’étranglement. Autrement dit, Téhéran n’avait nul besoin d’aligner une flotte océanique pour rappeler une vérité ancienne : contrôler la gorge étroite de l’économie mondiale vaut parfois davantage que dominer la haute mer.
Premier enseignement de la crise : au XXIe siècle, la puissance ne se mesure plus seulement en tonnage de feu, mais en capacité à paralyser, à coût réduit et de manière asymétrique, les flux de capitaux, d’énergie, d’assurance, de logistique et d’anticipations. Au printemps 2026, après l’entrée en guerre directe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, le trafic dans le détroit d’Ormuz s’est effondré de 97 %, selon des données relayées par Reuters à partir de sources onusiennes. Armateurs et négociants ont suspendu des expéditions, les assureurs ont appliqué des primes de risque extrêmes. L’effet réel n’a pas été produit par des porte-avions, mais par la combinaison d’une menace balistique, de drones navals, de risques de mines et, surtout, par la peur des marchés. Voilà la nouvelle géoéconomie de la guerre : moins détruire l’adversaire que rendre insoutenable le coût de sa normalité économique.
L’illusion d’une protection hors de prix
Le choc le plus douloureux n’a pas frappé l’Iran, mais les riches monarchies du Golfe, persuadées depuis des décennies que le parapluie américain garantissait, par essence, leur invulnérabilité stratégique. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït figurent parmi les plus grands importateurs d’armes au monde. Entre 2021 et 2025, ces quatre États ont représenté près d’un cinquième des importations mondiales d’armements majeurs : 6,8 % pour Riyad, 6,4 % pour Doha, 2,8 % pour le Koweït, 2,7 % pour Abou Dhabi. Les États-Unis demeuraient leur fournisseur principal : 77 % des importations saoudiennes, 48 % de celles du Qatar, 62 % du Koweït et 42 % des Émirats provenaient de Washington. Il ne s’agit pas d’une simple statistique commerciale : c’est une structure de dépendance, où l’achat d’armes sert à la fois d’assurance, de signal politique et de ticket d’entrée dans l’orbite privilégiée américaine.
Or la guerre nouvelle génération ne fait aucun cadeau aux systèmes conçus pour les conflits d’hier. Les dispositifs antimissiles classiques sont efficaces contre un nombre limité de cibles coûteuses et bien identifiées. Ils deviennent économiquement intenables face à des essaims massifs de drones bon marché, à des salves combinées, à la saturation des radars et aux frappes simultanées sur des infrastructures critiques. Le rapport coût-efficacité est implacable : un missile Patriot PAC-3 vaut entre 3,7 et 4 millions de dollars, un intercepteur THAAD entre 12 et 15 millions, quand un drone de type Shahed est estimé entre 20 000 et 50 000 dollars. Sans même intégrer les coûts des radars, des centres de commandement, de la maintenance ou de la logistique, l’échange est ruineux : la défense brûle des ressources des dizaines, voire des centaines de fois plus vite que l’attaque.
Dès lors, le débat sur le pourcentage exact de cibles interceptées devient secondaire. L’essentiel est ailleurs : même les alliés les plus fortunés de Washington n’ont pas pu garantir à leurs villes, à leurs ports, à leurs aéroports, à leurs infrastructures pétrolières et numériques un sentiment de sécurité totale. Si un drone à quelques dizaines de milliers de dollars peut clouer un aéroport au sol pendant des heures, frapper un terminal, faire bondir les primes d’assurance et effacer des milliards en Bourse, la question change de nature. Il ne s’agit plus de savoir combien de cibles ont été neutralisées, mais si la sécurité absolue peut encore s’acheter à l’ère de l’asymétrie low cost. La réponse que livre le Moyen-Orient est de plus en plus nette : non.
L’échec d’un modèle de dissuasion
Il serait erroné de réduire le problème aux performances techniques du Patriot ou du THAAD. Ce qui vacille, c’est la matrice intellectuelle que les États-Unis ont vendue à leurs partenaires du Golfe : l’idée que la sécurité régionale repose sur la présence américaine, le renseignement américain, les radars américains, le commandement américain et, en dernier ressort, la décision politique américaine d’user de la force. Or ce schéma ne fonctionne que si l’adversaire accepte les règles du jeu ancien. L’Iran, comme d’autres puissances révisionnistes, a déplacé le terrain vers l’usure, la saturation et la destruction de la rentabilité économique de la défense.
Le choc politique pour les États du Golfe est profond : ils peuvent cumuler les systèmes antimissiles les plus onéreux du monde et demeurer vulnérables à des moyens de frappe bon marché et produits en série. Le volume des contrats ne se convertit plus mécaniquement en sérénité stratégique. Pour des régimes habitués à mesurer la sécurité au prix des acquisitions, la rupture psychologique est majeure. Pour Washington, le signal est dangereux : si le doute porte non plus sur tel ou tel système, mais sur la crédibilité même du modèle américain, c’est toute la chaîne - commandes d’armement, placements financiers, loyauté politique - qui vacille.
Le choc économique, talon d’Achille du Golfe
Les dégâts militaires se réparent. Un terminal pétrolier se reconstruit, une piste se dégage, un stock de missiles s’achète. Ce qui se restaure infiniment plus difficilement, c’est la confiance de l’investisseur, de l’assureur, de la compagnie aérienne, du logisticien ou du fonds souverain dans la stabilité d’une plateforme régionale. En mars 2026, Reuters rapportait que plusieurs grands États du Golfe réévaluaient la gestion de leurs fonds souverains face au choc économique ; l’ensemble de ces fonds représente environ 5 000 milliards de dollars. L’onde de choc ne touche pas seulement le pétrole : aviation, tourisme, immobilier, centres de données, ports et stratégies de diversification post-hydrocarbures sont exposés. Or ces économies ont investi des centaines de milliards non seulement dans la croissance, mais dans une image d’avenir : faire de Riyad, Abou Dhabi, Doha ou Dubaï des hubs mondiaux de capitaux et de technologies. La guerre frappe précisément cette projection.
La question devient alors financière et politique : combien de temps un allié acceptera-t-il un système de sécurité qui l’entraîne dans une crise sapant son économie civile ? D’autant que, parallèlement, Washington continue d’attendre de ces partenaires qu’ils investissent dans les actifs américains, achètent de la dette publique et multiplient les contrats de défense.
En 2025, l’administration de Donald Trump a présenté sa tournée dans le Golfe comme un triomphe de diplomatie économique : plus de 2 000 milliards de dollars d’accords et d’engagements annoncés, dont 600 milliards d’investissements promis par l’Arabie saoudite, un paquet économique de 1 200 milliards avec le Qatar et plus de 200 milliards avec les Émirats. Reuters évoquait également un cadre d’investissement de 1 400 milliards sur dix ans de la part des Émirats et l’intention du fonds souverain qatari QIA d’investir 500 milliards dans l’économie américaine sur la décennie. Mais dès mars 2026, plusieurs pays du Golfe réexaminaient l’usage de leurs fonds pour amortir le choc interne, au risque de ralentir ou d’ajuster leurs engagements extérieurs. Ce n’est pas qu’une question de comptabilité : c’est la mathématique politique de l’alliance qui se fissure. Si le garant ne protège pas, la demande d’investissements supplémentaires ressemble moins à un partenariat qu’à une prime exigée pour une assurance défaillante.
La Chine, bénéficiaire systémique
Dans ce contexte, la retenue de Pékin intrigue. Elle s’explique pourtant aisément : la Chine gagne non pas du vacarme, mais de l’érosion du monopole américain de l’utilité stratégique. Elle n’a pas besoin de remplacer Washington dans toutes ses fonctions militaires. Il lui suffit d’apparaître comme un partenaire économique, technologique et financier plus avantageux dans un monde qui croit de moins en moins à l’exceptionnalisme américain.
Depuis deux décennies, la stratégie chinoise repose moins sur la guerre expéditionnaire que sur l’infrastructure : crédits, énergie, logistique, télécommunications, mécanismes de paiement. Tandis que les États-Unis dépensaient des sommes colossales en Irak et en Afghanistan - plus de 8 000 milliards de dollars selon le projet Costs of War de l’université Brown, en incluant les engagements futurs - Pékin investissait pour devenir créancier, constructeur et acheteur incontournable.
En Afrique, l’empreinte est particulièrement visible. Entre 2000 et 2023, des prêteurs chinois ont accordé 1 306 prêts pour un total de 182,28 milliards de dollars à 49 pays africains et à sept emprunteurs régionaux, principalement dans l’énergie (62,72 milliards), les transports (52,65), les TIC (15,67) et la finance (11,98). Des milliers de kilomètres de voies ferrées ont été modernisés ou construits, reliant capitales et ports, notamment en Éthiopie et au Kenya. En 2025, les échanges sino-africains ont atteint un record de 348 milliards de dollars, en hausse de 17,7 % sur un an : 225,03 milliards d’exportations chinoises vers l’Afrique et 123,02 milliards d’importations. Pékin consolide ainsi sa position de premier partenaire commercial du continent au moment où les puissances occidentales débattent de tarifs, de dettes et de conditionnalités politiques.
Certes, le modèle n’est pas exempt d’angles morts : endettement, asymétries commerciales, dépendance technologique. Mais sa logique est assumée : institutionnaliser l’interdépendance par l’utilité concrète. Le pays qui construit votre port, finance votre centrale, fournit vos équipements télécoms et achète vos matières premières devient un pilier de votre stabilité interne.
En 2026, Pékin a annoncé la suppression des droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec lui. Pour l’Afrique, ce n’est pas un geste philanthropique, mais un élément d’une coalition de long terme. Pour Washington, un rappel brutal : la géopolitique du XXIe siècle se joue autant dans les régimes tarifaires, les standards numériques et les infrastructures de paiement que sur les ponts d’envol des porte-avions.
La dédollarisation avance sans slogans, mais par la pratique
Autre ligne de fracture majeure de la recomposition en cours : l’érosion progressive du rôle absolu du dollar. Inutile, là aussi, de verser dans le sensationnalisme. Le billet vert demeure la première monnaie de réserve et de règlement au monde. SWIFT n’a pas implosé, le marché américain des Treasuries reste le plus profond et le plus liquide de la planète, et la dédollarisation sera, par nature, lente et sinueuse.
Mais l’enjeu est ailleurs : ce qui se fissure, ce n’est pas le statut du dollar en soi, c’est l’habitude de le considérer comme sans alternative.
Pékin construit méthodiquement les instruments qui réduisent cette absence d’alternative. Le système CIPS - souvent présenté comme une version chinoise de SWIFT - comptait, fin 2025, 193 participants directs et 1 573 indirects. En septembre 2025, ses membres étaient présents dans plus de 120 pays et régions ; via les correspondances bancaires, le réseau touchait près de 4 900 institutions financières dans 189 pays. Nous sommes encore loin d’un remplacement de l’infrastructure globale en dollars. Mais il s’agit déjà d’un véritable circuit d’assurance pour les règlements transfrontaliers en yuans - particulièrement attractif pour les États préoccupés par les risques de sanctions et la politisation des flux financiers.
Le comportement chinois vis-à-vis de la dette américaine et de l’or est tout aussi révélateur. Les avoirs chinois en bons du Trésor américain ont culminé en 2013 à plus de 1 300 milliards de dollars. En novembre 2025, selon les données TIC, ils étaient tombés à 683,9 milliards - 683,5 milliards en décembre - l’un des niveaux les plus bas depuis la fin des années 2000. Parallèlement, Pékin renforce ses réserves officielles d’or : fin 2025, elles atteignaient 2 306 tonnes, après quatorze mois consécutifs d’achats par la Banque populaire de Chine, soit 27 tonnes supplémentaires sur l’année.
Ce n’est pas un divorce brutal avec le système du dollar. C’est un hedge systémique contre lui. La Chine ne cherche pas à abattre l’ordre existant frontalement ; elle aménage une porte de sortie.
Le Golfe et la Chine : de l’énergie à la diversification stratégique
Le pivot des pays du Golfe vers la Chine revêt ici une importance particulière. Il ne date pas d’hier et ne se limite plus aux hydrocarbures. Certes, l’énergie reste l’ossature de la relation : la Chine est le premier importateur mondial d’hydrocarbures, et les monarchies du Golfe cherchent des débouchés stables, des investissements dans le raffinage, la pétrochimie et les technologies associées.
Mais le paquet inclut désormais les règlements en monnaies nationales, les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle, les data centers, la logistique et les télécommunications. En 2023, les banques centrales chinoise et saoudienne ont signé un accord de swap de devises de 50 milliards de yuans (26 milliards de riyals). L’élargissement de l’usage du yuan dans le commerce énergétique n’est plus une hypothèse exotique : il devient un élément de couverture face aux risques monétaires et politiques.
L’élargissement des BRICS a d’ailleurs pris une valeur symbolique forte. Voir coexister, au sein d’un même format politico-économique, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Iran - trois États aux intérêts longtemps antagonistes - ne signifie pas l’avènement d’une harmonie soudaine. Cela traduit l’émergence d’une logique de plateforme. Pékin ne promeut pas un bloc idéologique, mais un espace de convergences flexibles : on peut y rivaliser, s’y contenir mutuellement et commercer en contournant les anciens centres de gravité.
Pour les monarchies du Golfe, l’avantage est évident : nul besoin de rompre avec Washington pour accroître la marge de manœuvre avec Pékin. Il suffit de réduire la part des paris stratégiques placés sur un seul garant.
Les fissures de l’alliance occidentale
Les secousses du Golfe accélèrent non seulement la dérive orientale des monarchies, mais aussi une crise de confiance plus large au sein de la coalition occidentale. L’Europe, malgré ses différends politiques avec Pékin, demeure profondément imbriquée dans l’économie chinoise. L’OTAN affronte la fatigue des conflits prolongés, la tension sur les budgets de défense et une interrogation croissante : peut-on indéfiniment soutenir un système global d’engagements sans éroder sa propre cohésion interne ?
Dans ce contexte, la Chine n’apparaît pas comme un « ami », mais comme un fait économique incontournable - austère, pragmatique, de plus en plus nécessaire.
Le silence de Pékin est stratégique. La Chine n’a pas besoin de multiplier les tribunes : la dynamique même de la crise joue en sa faveur. Plus les alliés des États-Unis doutent de l’utilité américaine, plus la valeur relative de l’offre chinoise augmente. Plus Washington presse ses partenaires d’investir dans sa défense, sa technologie et sa dette, plus la diversification devient rationnelle. Plus les États-Unis politisent la logistique, les paiements et les contrôles à l’exportation, plus les États cherchent des circuits parallèles.
La Chine n’a pas besoin de gagner vite. Il lui suffit de gagner à l’usure de l’universalité américaine.
Fin de l’Amérique ? Non. Fin de son exclusivité stratégique
Il serait excessif d’annoncer la « fin des États-Unis ». L’Amérique conserve la première machine militaire du monde, les marchés financiers les plus profonds, une base technologique inégalée et un réseau d’alliances sans équivalent.
La question n’est pas de savoir si elle est forte ou faible. Elle est de constater que sa force cesse d’être la forme exclusive d’organisation de l’ordre international.
C’est là le basculement essentiel. Hier encore, les alliés de Washington pouvaient ajuster la tactique sans remettre en cause le principe fondamental : le système américain, malgré ses coûts, restait le seul qui fonctionne réellement. Aujourd’hui, dans le Golfe, en Afrique, dans une partie de l’Asie et même en Europe, une autre logique progresse : le système américain peut être utile, mais il n’est plus unique ; on peut coopérer avec lui, mais il devient risqué d’y adosser l’intégralité de son avenir ; il ne s’agit pas de le rejeter, mais de le diluer dans des alternatives.
La crise iranienne a servi de catalyseur. Sans flotte océanique de premier rang, sans réseau expéditionnaire global, sans alliance équivalente à l’OTAN, Téhéran a démontré sa capacité à infliger un choc massif à l’énergie mondiale et à faire payer très cher ceux qui se croyaient à l’abri. La Chine, presque sans hausser le ton, s’est retrouvée principal bénéficiaire structurel de cette réalité.
Les pays du Golfe, eux, ont reçu une leçon brutale et limpide : à l’ère des drones bon marché, des intercepteurs hors de prix, des risques de sanctions, des chocs énergétiques et de la politisation financière, il est périlleux de bâtir son avenir sur un seul garant.
Il faut donc lire le moment actuel non comme un épisode moyen-oriental de plus, mais comme un chapitre d’une révision silencieuse de l’ordre américain. L’enjeu n’est pas que la Chine ait lancé un défi tonitruant aux États-Unis. L’enjeu est que l’Amérique, par ses guerres, ses coûts, la surcharge de ses alliances et une architecture de protection toujours plus onéreuse, réduit elle-même le périmètre de son exception stratégique.
À Pékin, il ne reste qu’à faire ce qu’elle maîtrise le mieux : bâtir des routes, signer des contrats, créer des canaux de paiement, structurer des marchés et tisser des dépendances - puis attendre, patiemment, que le doute des alliés de Washington se transforme en nouvelle réalité géoéconomique.