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L’Union européenne (UE) aborde la troisième décennie du XXIᵉ siècle en proie à un déplacement systémique. Après des décennies durant lesquelles le consensus libéral et l’approfondissement progressif de l’intégration semblaient constituer la feuille de route inéluctable du continent, l’Europe se trouve désormais face à un phénomène potentiellement transformateur : l’essor de l’extrême droite populiste — de la France et de l’Allemagne aux Pays‑Bas et à l’Italie — n’est plus un phénomène marginal. Il s’agit de forces susceptibles, dans un futur proche, de contrôler les gouvernements de pays représentant plus de la moitié du PIB européen.

La question cruciale que l’on doit se poser aujourd’hui est la suivante : cet essor de l’extrême droite est‑il une réaction temporaire aux crises de la dernière décennie — migratoire, énergétique, économique — ou marque‑t‑il le début d’un véritable basculement, capable de reconfigurer l’essence même du projet européen et sa place dans le système mondial ?

La réponse à cette interrogation n’a pas uniquement une portée académique : elle conditionne directement les contours du commerce mondial, l’architecture de sécurité, le fonctionnement des institutions globales et la stratégie des acteurs extérieurs — des États‑Unis à la Chine, en passant par la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Dimension économique : de l’orthodoxie néolibérale au nationalisme protectionniste

1. Ralentissement de la croissance et dégénérescence de l’ancien modèle

La dimension économique du bouleversement politique européen est tout aussi essentielle que son ressort idéologique. Depuis les années 2010, l’UE affiche une tendance persistante au ralentissement : la croissance moyenne du PIB sur les cinq dernières années ne dépasse pas 1,2 % par an, et en 2024 elle s’est limitée à seulement 1 %. Les prévisions de la Commission européenne pour 2025 et 2026 sont respectivement de 1,1 % et au plus 1,5 %.

Ce constat s’explique par plusieurs facteurs convergents :

  • Les crises énergétiques, provoquées par la réduction drastique des approvisionnements depuis la Russie, ont accru la dépendance aux sources coûteuses et déclenché des poussées inflationnistes de 8 à 10 % en 2022‑2023.
  • La politique monétaire stricte de la Banque centrale européenne (BCE), avec un taux de refinancement atteint 4,5 %, a rendu les crédits plus chers et freiné les investissements.
  • Le vieillissement démographique et l’exode de main‑d’œuvre (notamment plus de 500 000 personnes ayant quitté la Grèce depuis 2009) ont créé un déficit de ressources humaines, particulièrement dans les secteurs peu ou moyennement qualifiés.
  • Le fossé de compétitivité entre le cœur et la périphérie de l’UE s’est accentué : en Pologne et en Roumanie, la croissance du PIB en 2024 a dépassé 3 %, alors qu’en Allemagne elle s’est élevée à seulement 0,2 %.

Dans ce contexte, le modèle économique traditionnel de la droite — dérégulation, incitations fiscales, privatisations — perd de son attractivité. À sa place, une idéologie plus incisive s’impose : le discours de lutte contre les migrations et contre l’intégration est aujourd’hui mêlé à des mesures de protectionnisme, de subventions directes et de populisme fiscal.

2. Changement de paradigme : des droites sans libéralisme économique

L’une des transformations majeures est que les partis de droite ne se positionnent plus nécessairement sur l’économie libérale : ouverture des marchés, rôle réduit de l’État, défense de la concurrence. La nouvelle vague de l’extrême droite européenne propose un modèle différent :

Quelques exemples concrets :

  • En France, Marine Le Pen et Jordan Bardella proposent d’imposer l’usage de 80 % de produits nationaux dans les cantines, de créer des avantages fiscaux pour les « familles autochtones » et de suspendre la TVA sur les biens de première nécessité.
  • En Allemagne, le Alternative für Deutschland (AfD) réclame la suppression de la taxe carbone et de l’impôt foncier, compensant par une hausse de l’impôt sur le revenu : autrement dit, un renforcement du rôle de l’État.
  • Au Royaume‑Uni, Nigel Farage promet la suppression de la TVA sur l’électricité et la baisse de l’impôt sur les sociétés de 25 % à 15 % — sans pour autant expliquer comment les recettes publiques seraient compensées.

Ces orientations peuvent conduire à l’augmentation des déficits budgétaires, déjà supérieurs à 3 % du PIB dans la plupart des pays de l’UE. En Italie, il est de 4,4 %, en France de 5,2 %, en Espagne de 4,1 %. Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mettent en garde : si la dynamique reste inchangée, le niveau d’endettement cumulé de la zone euro pourrait atteindre 110 % du PIB d’ici 2030. Dans un contexte de hausse des dépenses de défense (vers 2‑2,5 % du PIB dans le cadre des engagements de l’Alliance Atlantique) et de vieillissement de la population, ceci pourrait jeter les bases d’une nouvelle crise de la dette.

3. Le cas de l’Italie : pragmatisme contre populisme

Dans ce paysage, l’expérience de l’Giorgia Meloni en Italie est particulièrement instructive. Arrivée au pouvoir avec la réputation d’une figure radicale, elle mène en réalité une politique modérément conservatrice. Elle mise sur la réduction progressive du déficit et la maîtrise de la dette publique (qui s’élève à 137 % du PIB), malgré la pression des syndicats et la montée des dépenses sociales.

L’expérience italienne montre que l’on peut être à droite tout en restant attaché à la discipline financière. Mais elle révèle également le prix politique à payer : des manifestations, une chute des taux d’approbation et des marges de manœuvre limitées en matière de politique de défense.

Architecture économique de l’Europe sous pression : du choc intérieur au basculement global

1. Fatigue structurelle du modèle européen

Le ralentissement de la croissance en Europe n’est pas un accident passager : c’est le symptôme d’une usure structurelle. Le modèle économique de l’UE, fondé sur l’économie sociale de marché et l’intégration poussée, présente depuis plusieurs années une capacité réduite à absorber les chocs internes et externes.

Entre 2000 et 2020, le taux de croissance annuel moyen du PIB de la zone euro s’élevait à environ 1,4 %, contre 2,1 % aux États‑Unis et 3,5 % en Corée du Sud. Après la pandémie, cet écart s’est creusé : en 2023, l’économie américaine a crû de 2,5 %, contre seulement 0,5 % pour la zone euro.

Les raisons principales résident dans le tissu même de l’économie européenne :

  • Le déclin démographique : le taux de fécondité dans l’UE est tombé à 1,46 enfant par femme (contre 2,1 nécessaires pour le simple maintien des générations). D’ici 2050, la population en âge de travailler devrait diminuer de 16 %, générant un déficit chronique de main‑d’œuvre.
  • La stagnation de la productivité : entre 2010 et 2023, la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail dans la zone euro n’a pas dépassé 0,7 %, contre 1,4 % aux États‑Unis.
  • Le sous‑investissement dans les technologies et l’infrastructure : les dépenses agrégées en R&D dans l’UE s’élèvent à environ 2,2 % du PIB, contre 3,5 % aux États‑Unis et 4,9 % en Corée du Sud.
  • L’inertie bureaucratique : la complexité du système décisionnel de l’UE et les compétences limitées de la Commission européenne freinent les réformes. Depuis la présentation du rapport réformiste de Mario Draghi, un an s’est écoulé sans qu’aucun des points clés n’ait été mis en œuvre.

Pris ensemble, ces facteurs placent l’Europe dans une situation de perte objective de compétitivité — en particulier dans les secteurs stratégiques. En 2000, la part de l’UE dans l’économie mondiale s’élevait à environ 25 %, aujourd’hui elle est inférieure à 15 %. La Chine a dépassé l’UE en termes de PIB en 2021, et l’Inde la rejoindra probablement d’ici 2030.

2. Le choc énergétique et la nouvelle carte industrielle

Le choc énergétique de 2022‑2023 a constitué un véritable point de bascule. La chute brutale des approvisionnements russes en gaz — de 155 milliards de m³ en 2021 à 45 milliards en 2023 — a provoqué une envolée sans précédent des prix des énergies : au pic, ils ont été multipliés par plus de quatre.

Cette vague a frappé en priorité les industries à forte intensité énergétique : la métallurgie, la chimie, la production d’engrais et le verre. En deux ans, l’Europe a perdu 17 % de ses capacités dans l’industrie de l’aluminium, 10 % dans la chimie, et près de 20 % des producteurs d’engrais ont dû suspendre la production.

La désindustrialisation n’est plus une menace abstraite : elle est déjà en cours. Rien qu’en Allemagne, entre 2022 et 2024, l’industrie manufacturière a perdu environ 12 % de sa production, et la part de l’industrie dans le PIB est tombée de 26 % à 22 %.

Pendant ce temps, les États‑Unis ont renforcé la pression concurrentielle. Avec la promulgation du Inflation Reduction Act (IRA) en 2022, d’un montant supérieur à 370 milliards de dollars, ils subventionnent massivement la production d’énergie « verte » et d’électronique. Résultat : des géants comme Northvolt et BASF ont commencé à délocaliser certains projets de l’autre côté de l’Atlantique.

L’UE tente de répondre via le Net Zero Industry Act, mais le volume global des soutiens y est trois fois moindre que celui des États‑Unis, et est réparti entre les États membres de façon fragmentée. Cette situation accroît la fragmentation et renforce le déséquilibre entre les économies du cœur (Allemagne, France) et celles de la périphérie (Espagne, Europe de l’Est).

3. Choc tarifaire : Washington relance l’arme du protectionnisme

À ces problèmes internes s’est ajouté un choc externe d’envergure : le retour fracassant du protectionnisme américain sous l’impulsion de l’administration Trump. Dès janvier 2025, les États-Unis ont entamé un processus de renégociation de plusieurs accords commerciaux et ont enclenché une salve de mesures tarifaires ciblées.

En mai 2025, la Maison-Blanche a annoncé son intention d’imposer une taxe de 35 % sur les véhicules fabriqués dans l’UE, accusant Bruxelles de pratiquer un « subventionnement déloyal » de ses constructeurs. Si cette mesure entre en vigueur, les pertes pour l’industrie européenne pourraient atteindre jusqu’à 42 milliards d’euros par an, selon la Commission européenne.

Pire encore, Trump a proposé une série de nouveaux accords bilatéraux avec certains États membres — court-circuitant ainsi les institutions européennes et exacerbant les tendances centrifuges au sein du bloc.

La riposte de Bruxelles ne s’est pas fait attendre : des mesures miroirs sont à l’étude, notamment des droits de douane de 25 % sur les produits agricoles américains et une révision stratégique des achats dans le secteur de la défense. Mais la marge de manœuvre reste étroite : en 2024, le commerce bilatéral UE‑USA a dépassé les 900 milliards de dollars, et toute escalade brutale risque de frapper durement les exportateurs européens.

4. Inflation et murs budgétaires : les limites du populisme économique

Les partis d’extrême droite plaident pour un retour de l’État dans l’économie — subventions aux produits de première nécessité, baisses ciblées d’impôts pour les « populations de souche », interventions sectorielles. Mais ce volontarisme se heurte à une dure réalité budgétaire :

  • La dette publique cumulée de la zone euro atteint 91,2 % du PIB ; en France elle grimpe à 112 %, et en Italie à 137 %.
  • En 2024, les déficits publics ont explosé : 5,2 % du PIB en France, 4,1 % en Espagne, 4,7 % en Belgique.
  • D’après la BCE, chaque point de déficit supplémentaire, aux taux actuels, alourdit la charge de la dette d’environ 0,3 % du PIB par an.

Les marges fiscales pour lancer de nouvelles dépenses sont donc quasiment nulles. Or, d’ici 2030, les besoins en financement des retraites et de la santé augmenteront de 1,5 à 2 % du PIB chaque année. Si dans ce contexte s’enclenche une course aux subventions et aux cadeaux fiscaux, l’UE pourrait replonger dans une crise de la dette généralisée, plus profonde encore que celle des années 2010.

5. Trois trajectoires pour l’Europe économique à l’horizon 2035

À dix ans, trois grands scénarios se dessinent pour l’économie européenne :

Scénario A – « Adaptation conservatrice »
L’UE parvient à contenir l’ascension de l’extrême droite dans les grandes capitales. Elle engage une modernisation pragmatique : incitations fiscales ciblées, investissements dans la souveraineté technologique, diversification énergétique. La croissance du PIB se stabilise autour de 1,6‑1,8 % d’ici 2030, et le modèle d’économie ouverte est maintenu.

Scénario B – « Nationalisme fiscal »
Les partis populistes accèdent au pouvoir en France et en Allemagne. Ils favorisent les producteurs nationaux via subventions et allègements fiscaux, tout en restreignant la migration. Le PIB chute à 0,8‑1,2 %, les déficits dépassent les 5 %, et l’incertitude décourage l’investissement.

Scénario C – « Fragmentation et spirale tarifaire »
L’UE se fissure en blocs économiques aux orientations divergentes. La guerre commerciale avec les États-Unis et la Chine s’intensifie, le marché unique s’étiole. La croissance tombe sous les 0,5 %, l’euro perd son statut de deuxième monnaie de réserve mondiale, et la part de l’UE dans l’économie mondiale descend à 11‑12 %.

4. Nouvelle cartographie politique : l’émergence d’un axe souverainiste en Europe

L’ascension de l’extrême droite à travers le continent ne suit pas une trajectoire uniforme — mais elle redessine en profondeur la géométrie politique européenne. Trois grands axes se dessinent désormais dans l’architecture continentale :

  • L’axe souverainiste national-conservateur : Pologne, Hongrie, Italie, ainsi qu’en partie l’Autriche et la Slovaquie — ces pays prônent une limitation des pouvoirs supranationaux et une priorité absolue aux « intérêts nationaux ».
  • Le noyau intégrationniste : Allemagne, Belgique, Pays-Bas, pays nordiques — défenseurs d’un approfondissement de l’union politique et économique.
  • L’axe centriste incertain : France, Espagne, Tchéquie — où le résultat des prochaines élections sera décisif pour l’orientation à venir.

Si la France et l’Allemagne basculent du côté des populistes, la dynamique s’inversera radicalement : l’axe souverainiste deviendra dominant, reléguant le noyau fédéraliste au rang de minorité impuissante.

5. Trois scénarios pour l’avenir politique et institutionnel de l’Union européenne

Scénario A – « Divergence maîtrisée »
Les forces d’extrême droite accèdent au pouvoir, mais choisissent de ne pas briser l’UE. Le rôle des parlements nationaux est renforcé, et les institutions européennes s’adaptent à une Europe à plusieurs vitesses. L’intégration se poursuit, mais sous une forme asymétrique, fondée sur des coopérations différenciées et des cercles concentriques.

Scénario B – « Crise constitutionnelle »
Les cours constitutionnelles et gouvernements nationaux proclament la supériorité de leur législation sur le droit européen. La Cour de justice de l’UE perd son autorité, la Commission ses leviers d’exécution. L’Union subsiste, mais ses décisions deviennent optionnelles. C’est le retour à une forme de « communauté d’États souverains » sans contrainte juridique.

Scénario C – « Fragmentation et dislocation »
Une succession de décisions unilatérales débouche sur des annonces de sortie des traités, voire de l’Union (Frexit, Italexit). Le projet communautaire se délite, laissant place à des blocs régionaux hétérogènes. L’euro s’effondre comme monnaie de réserve, et l’influence internationale de l’Europe s’évapore, au profit de l’espace indo-pacifique.

Contour géopolitique : une Europe reconfigurée dans un nouvel ordre mondial

1. Mutation des priorités stratégiques

Si l’extrême droite s’installe durablement au pouvoir, la politique étrangère européenne subira un renversement aussi profond que ses structures économiques ou institutionnelles. Le triptyque traditionnel — multilatéralisme, droits humains, libre-échange — pourrait céder la place à un réalisme brut et bilatéral.

  • Vis-à-vis des États-Unis, la rupture est envisageable. Trump ayant relancé le bras de fer tarifaire, les populistes européens, à l’inverse des centristes, sont prêts à répondre du tac au tac. Cela fragiliserait l’alliance transatlantique, y compris au sein de l’OTAN. Les budgets militaires augmenteront, mais la coordination stratégique se diluera.
  • Avec la Russie et la Chine, les liens pourraient se resserrer, non par affinité idéologique, mais par calcul pragmatique. L’AfD appelle à rouvrir les vannes du gaz russe, et Marine Le Pen qualifiait encore en 2024 les sanctions de « suicide économique ». Cela rebattra les cartes du conflit ukrainien et affaiblira l’édifice des sanctions occidentales.
  • En direction de l’Afrique et du Moyen-Orient, la réorientation sera dictée par les besoins en main-d’œuvre et en ressources. Mais cette relation ne prendra pas la forme d’un partenariat égalitaire : l’Europe cherchera avant tout à externaliser ses frontières, monnayant investissements contre contrôle migratoire.

2. Impact systémique sur l’ordre mondial

Les conséquences du virage européen à droite dépasseront largement le Vieux Continent :

  • La fragmentation du commerce mondial s’accentuera : les conflits tarifaires entre États-Unis, UE et Chine deviendront structurels, fragmentant les chaînes de valeur en blocs régionaux.
  • Les institutions multilatérales s’affaibliront : l’OMC et l’OCDE perdront leur autorité, remplacées par une mosaïque d’accords bilatéraux et de zones d’influence.
  • Les flux d’investissement se redirigeront : le capital fuira vers des juridictions plus stables — en Asie et aux États-Unis. L’UE, déjà en recul, a vu ses investissements directs étrangers chuter de 23 % entre 2021 et 2024.

D’ici 2035, l’Europe pourrait passer du statut de puissance économique mondiale à celui d’acteur secondaire : sa part dans le PIB mondial descendrait à 11‑12 %, et l’euro perdrait une part significative de son rôle de monnaie de réserve.

Conclusions stratégiques : que peut encore faire l’Europe ?

Face à cette convergence de menaces, l’Union européenne doit opérer une transformation profonde, sous peine d’implosion lente :

  • Réformer sa gouvernance : adopter le vote à la majorité qualifiée dans les domaines sensibles et renforcer le Parlement européen pour éviter le blocage.
  • Repenser sa politique budgétaire : concevoir de nouvelles règles combinant rigueur et investissement stratégique (technologies, infrastructures, défense).
  • Réagir au protectionnisme américain : relocaliser les chaînes de valeur, bâtir une politique industrielle ambitieuse dans les secteurs clés (semi-conducteurs, hydrogène, intelligence artificielle).
  • Équilibrer sa politique migratoire : éviter les dérives xénophobes tout en répondant au défi démographique. L’Europe a besoin de 2 à 3 millions de travailleurs par an pour maintenir son dynamisme économique.
  • Diversifier ses partenariats extérieurs : miser sur la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Asie centrale pour sécuriser de nouvelles routes commerciales et réduire la dépendance énergétique.

L’Europe est face à un choix historique. La montée des extrêmes n’est pas une tempête passagère, mais le symptôme de forces profondes : déclin économique, vieillissement démographique, paralysie institutionnelle, pression géopolitique.

La vraie question n’est pas de savoir si l’extrême droite accédera au pouvoir — c’est quasiment acquis. La question est : les sociétés européennes sauront-elles transformer cette rupture en élan pour se réinventer — ou laisseront-elles s’effondrer un projet qui, depuis soixante-dix ans, incarne l’idée même d’un continent uni, pacifié et influent ?

De la réponse à cette question dépend l’avenir du continent. Sera-t-il encore un pôle du monde — ou une nostalgie vivante incapable de peser sur l’histoire ?

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