Sous nos yeux, l’Amérique latine change de visage. Hier encore, on la décrivait comme l’« arrière-cour » des États-Unis, ce territoire placé sous tutelle par la doctrine Monroe au XIXe siècle, censée sanctuariser l’hémisphère occidental comme zone d’influence américaine. Aujourd’hui, ce paysage est en train de basculer. Pékin avance ses pions, patiemment mais sûrement, bâtissant une véritable architecture d’influence à coups de milliards, de rails, de ports en eaux profondes et de contrats miniers.
Ce n’est plus un discours, c’est du béton, de l’acier et des chiffres. Routes ferroviaires sur des milliers de kilomètres, corridors reliant Atlantique et Pacifique, hubs énergétiques et surtout contrôle des ressources stratégiques : cuivre, soja, maïs… et surtout le nouvel or blanc du XXIe siècle, le lithium.
La Transamazonienne version chinoise : un pari de 70 milliards
La pièce maîtresse de la stratégie de Pékin tient en un mot : infrastructures. Fin juillet 2025, Brasilia et Pékin ont paraphé un accord colossal : 4 500 km de voies ferrées, 70 milliards de dollars d’investissements. La future ligne, surnommée « Ferrogrão » – le « rail du grain » –, reliera le port brésilien d’Ilhéus, sur l’Atlantique, au port péruvien de Chancay, sur le Pacifique.
Ce corridor n’a rien d’anecdotique : il réduira de douze jours le trajet maritime entre le Brésil et Shanghai et rognera 30 % des coûts logistiques. Une révolution pour les exportateurs sud-américains. Mais le souvenir des fiascos passés plane encore. Dans les années 1970, la Transamazonienne routière avait tourné au désastre : sols instables, déforestation massive, abandon de tronçons entiers après seulement deux ans d’exploitation. Résultat : une plaie béante dans la forêt et une cicatrice écologique encore visible.
La différence aujourd’hui, c’est l’ampleur et le pragmatisme chinois. Le projet prévoit non seulement la pose des rails, mais aussi la modernisation de deux ports maritimes et la création de cinq « ports secs » le long de la ligne. Bref, une colonne vertébrale logistique pensée de bout en bout.
Chancay : le nouveau Pirée de Pékin
À l’autre bout de la voie ferrée, Chancay. À 60 kilomètres au nord de Lima, le site est déjà métamorphosé par l’argent chinois. La compagnie publique COSCO y a injecté 3,5 milliards de dollars pour bâtir un port en eaux profondes capable d’accueillir les mastodontes de la mer : porte-conteneurs de 18 000 boîtes, navires « ro-ro » transportant jusqu’à 9 000 voitures. En clair, une plateforme digne des plus grands hubs mondiaux.
Chancay sera le hub du Pacifique pour Pékin, exactement comme le Pirée en Grèce est devenu la tête de pont chinoise en Méditerranée. Du soja et du minerai partiront d’Amérique latine, des voitures électriques BYD et des smartphones Huawei débarqueront depuis la Chine. Un échange massif, organisé à la chinoise : industriel, mécanique, implacable.
Le lithium, véritable nerf de la guerre
Mais le vrai jackpot se trouve ailleurs : sous les salars argentins, chiliens et boliviens. Ce « triangle du lithium » concentre à lui seul 60 % des réserves mondiales de ce métal indispensable aux batteries des voitures électriques et aux systèmes de stockage d’énergie. Pékin l’a bien compris : sans lithium, pas de transition énergétique.
La Bolivie détient à elle seule un quart des ressources connues, mais reste incapable d’assurer un cycle complet de production. Les projets menés avec la Russie ou les gouvernements de gauche ont accouché de promesses sans lendemain. Les élections de 2025 ont balayé ces derniers, mais la dépendance aux capitaux étrangers reste la même. Pékin en profite : contrats de prospection, usines de raffinage, accords à long terme. Les pions sont déjà placés.
Ce contrôle du lithium devient ainsi un élément central de la stratégie chinoise : sécuriser, verrouiller et planifier les ressources clés du siècle. Ni plus ni moins.
Washington contre-attaque : le retour de la doctrine Monroe
Face à cette offensive, Washington refuse de rester spectateur. De retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a immédiatement remis l’Amérique latine en tête de son agenda. Objectif affiché : reconquérir une influence en perte de vitesse.
Premier geste fort : la reprise en main du canal de Panama. L’administration Trump a poussé vers la sortie une société hongkongaise qui contrôlait des actifs stratégiques aux deux extrémités du canal. À sa place ? Un opérateur américain, BlackRock. Une démonstration de force, même si le canal connaît lui-même une crise structurelle : sécheresses, gabarit insuffisant, incapacité à accueillir les navires géants.
Dans ce bras de fer, Pékin a déjà un plan B : l’éventuel canal du Nicaragua, dans les cartons depuis des années. Le projet est gelé, mais l’idée persiste. Côté Washington, c’est le retour assumé à la logique Monroe, adaptée aux réalités du XXIe siècle : endiguer Pékin comme hier on voulait barrer la route aux empires européens.
Avec Trump, cette rhétorique devient action. Le message est clair : la Maison Blanche ne tolérera pas que la Chine transforme le continent américain en plateforme pour son expansion globale. L’« arrière-cour » de Washington, qu’on le veuille ou non, reste sous surveillance américaine.
Panama : le symbole d’une revanche américaine
Le canal de Panama, artère vitale par où transite près de 5 % du commerce maritime mondial et quelque 14 000 navires chaque année, est en crise. Depuis plusieurs saisons, la sécheresse et l’assèchement du lac Gatún ont réduit d’un tiers sa capacité. En 2023-2024, l’administration du canal n’a pu autoriser que 24 passages quotidiens, provoquant embouteillages, files d’attente interminables et pertes de plusieurs centaines de millions de dollars.
Dans ce contexte, le contrôle des terminaux situés aux deux extrémités du canal est devenu un enjeu brûlant. Jusqu’à récemment, la société hongkongaise Hutchison Ports gérait ces infrastructures stratégiques. Pour Washington, c’était une faille de sécurité. En février 2025, sous la pression diplomatique et financière de l’administration Trump, le contrôle a basculé entre les mains de BlackRock, géant américain de la finance. Le signal est limpide : les États-Unis reprennent en main une artère qu’ils considèrent comme une question de survie nationale.
Nicaragua : le fantôme d’un deuxième canal
Depuis plus d’une décennie, l’idée d’un canal au Nicaragua hante les couloirs du pouvoir. Le projet devait relier la mer des Caraïbes à l’océan Pacifique, concurrençant Panama. Derrière l’initiative du magnat chinois Wang Jing, beaucoup voyaient déjà l’ombre de Pékin. Mais très vite, le projet a accumulé les obstacles : financements introuvables, protestations populaires, désastres écologiques annoncés. Depuis le début des années 2020, il est gelé. Pourtant, à Managua comme à Pékin, l’idée continue de circuler, tel un spectre. Et Washington surveille de près : voir Pékin contrôler une seconde voie interocéanique constituerait une véritable ligne rouge.
Cuba : le retour d’une hantise américaine
À 150 kilomètres des côtes de Floride, la présence chinoise à Cuba ravive de vieux fantômes. Pékin finance la construction de deux ports, d’infrastructures énergétiques, et — selon la presse américaine — de stations d’espionnage électronique. Pour le Pentagone, la comparaison est immédiate : cela ressemble à un remake du choc de 1962. Certes, Pékin avance masqué, parlant d’investissements et de coopération économique. Mais derrière l’écran de fumée, le message est clair : installer un pied militaire et stratégique aux portes mêmes des États-Unis. Pour Washington, c’est plus qu’une provocation, c’est un casus belli latent.
Venezuela : l’État-cartel dans le viseur
Dans ce bras de fer planétaire, Caracas occupe une place à part. La République bolivarienne est devenue le terrain où l’influence chinoise s’exprime le plus ouvertement, mais aussi un cas d’école : un État transformé en cartel. Dès 1993, bien avant l’ère Chávez, le scandale éclate : deux généraux de la Garde nationale, censés lutter contre la drogue, sont impliqués dans le trafic. Le terme « Cartel de los Soles » — le cartel des soleils, en référence aux étoiles des généraux — entre alors dans le vocabulaire vénézuélien.
Sous Chávez puis Maduro, le cartel s’est fondu dans l’appareil d’État. Selon le centre de recherche InsightCrime, dès 2002, le réseau est devenu partie intégrante du système politique. Gouverneurs, hauts gradés, proches du pouvoir : tout le monde y a trouvé sa place. Le trafic n’est plus une activité parallèle, c’est une politique publique de fait.
Les chiffres donnent le vertige. En 2010, l’armée américaine recense 95 vols clandestins de petits avions chargés de cocaïne depuis le Venezuela vers le Honduras, et 43 vers Haïti. Près d’un avion sur deux jours. En 2015, le scandale des « narco-neveux » éclabousse jusqu’au cercle présidentiel : deux parents par alliance de Maduro, arrêtés en flagrant délit par la DEA, tentaient d’écouler 800 kilos de cocaïne via Haïti. Diplomatic passports en poche, ils expliquent lors de leur audition qu’une partie des profits allait… à la Première dame elle-même.
Derrière Maduro, l’homme-clé s’appelle Diosdado Cabello. Vieux compagnon de Chávez, numéro deux du régime, il est désigné par un ancien officier passé à l’opposition comme véritable patron du cartel. Autre pilier : Tareck El Aissami, ancien vice-président, aujourd’hui ministre de l’Industrie, dont la fortune personnelle est estimée à trois milliards de dollars. Il gère la « caisse noire » du cartel à l’étranger et ses liaisons avec le Hezbollah libanais. Depuis 2017, il figure sur la liste noire des sanctions américaines.
Face à cet État-narcocartel, Donald Trump a haussé le ton. En août 2025, il ordonne le déploiement en mer des Caraïbes de destroyers équipés de missiles de croisière, d’un sous-marin nucléaire et d’un contingent de marines. Prétexte officiel : « lutte contre les cartels ». Cible réelle : un régime devenu, aux yeux de Washington, un cartel institutionnalisé.
La «soft power» contre les bulldozers chinois
La stratégie américaine ne se limite pas aux muscles et aux porte-avions. Elle repose aussi sur un arsenal plus subtil : ONG de défense des droits humains, réseaux écologistes, mécanismes de droit international. En clair, Washington n’hésitera pas à utiliser le langage du climat et de la biodiversité pour enrayer les grands projets de Pékin.
Le cas de la Transamazonienne ferroviaire est emblématique. Le chantier, prévu pour relier le Brésil au Pérou, risque fort d’être attaqué sur le terrain environnemental. L’Amazonie est l’un des symboles planétaires de la lutte contre le réchauffement : quelques campagnes médiatiques sur la « mort de la forêt » ou la « disparition de la biodiversité » pourraient suffire à geler des financements. Les États-Unis connaissent bien la musique : en Afrique comme en Asie, ils ont déjà orchestré ce type d’opérations de déstabilisation écologique pour bloquer des mégaprojets chinois jugés trop intrusifs. L’Amérique latine ne fera pas exception.
L’Amérique latine, un éternel champ de bataille extérieur
Depuis cinq siècles, le continent vit sous influence. Colonies ibériques hier, multinationales et dettes insoutenables au XIXe et XXe siècles, dictatures militaires soutenues par Washington, puis vagues de « gauchisme » et de néolibéralisme… L’Amérique latine a rarement été sujet de son histoire, mais bien plus souvent objet. Aujourd’hui, la donne atteint son paroxysme : deux géants – Pékin et Washington – s’affrontent à ciel ouvert pour modeler l’avenir du continent.
Les Américains misent sur leur puissance militaire et diplomatique traditionnelle, les Chinois sur l’argent et les infrastructures. Résultat : l’Amérique latine devient le terrain d’un nouveau duel géoéconomique, une bataille pour les routes, les ports, les minerais et les terres fertiles.
Pékin : routes, mines et dettes
La stratégie chinoise se décline en trois étages.
D’abord, le béton. Pékin construit routes, ponts, ports en eaux profondes, centrales hydroélectriques. La Transamazonienne et Chancay ne sont que la partie émergée d’un iceberg. Selon l’Inter-American Dialogue, Pékin contrôlait déjà, en 2024, tout ou partie de 29 ports en Amérique latine. En Argentine et en Équateur, les Chinois bâtissent des barrages. Au Brésil, ils posent les câbles du réseau électrique.
Ensuite, les ressources. Lithium, cuivre, fer, pétrole, gaz, soja. La Chine a investi plus de 12 milliards de dollars dans le lithium argentin. Au Pérou, ses entreprises détiennent les plus grosses mines de cuivre, représentant près de 40 % des exportations nationales.
Enfin, la finance. Les prêts chinois sont devenus l’arme fatale. Caracas doit plus de 60 milliards à Pékin, Quito près de 18 milliards. Ces créances donnent à la Chine un pouvoir de négociation qui dépasse les chancelleries et s’invite jusque dans les choix politiques.
Washington : la sécurité avant tout
À Washington, on ne se fait pas d’illusion : l’Amérique latine, ce n’est pas seulement du commerce, c’est d’abord de la sécurité nationale. Trump a donc choisi la méthode dure : reprendre le canal de Panama, montrer les muscles au Venezuela, bloquer les projets trop proches des côtes américaines. Mais l’administration sait qu’il faut aller plus loin.
Les alliances militaires reprennent vigueur : en 2024, le traité de coopération avec la Colombie a été révisé, ouvrant la voie à un élargissement du dispositif américain. Au Brésil, les États-Unis soutiennent les forces conservatrices, considérées comme le meilleur rempart contre les gauches pro-Pékin. Et surtout, Washington mise sur le numérique : USAID et Département d’État financent médias indépendants et ONG locales promptes à dénoncer les « méfaits » des projets chinois, qu’il s’agisse de pollution, d’accaparement de terres ou de corruption.
Brésil : un choix cornélien
Le Brésil est le cœur de ce bras de fer. Première économie du continent, partenaire commercial numéro un de Pékin avec plus de 150 milliards de dollars d’échanges en 2024, il est aussi un pilier des structures interaméricaines chères aux États-Unis. La Transamazonienne symbolise cette contradiction. Pour l’agrobusiness et les mineurs, c’est une bénédiction. Pour les nationalistes et l’armée, c’est une dépendance stratégique inacceptable. Le débat interne qui agite Brasilia pèsera sur l’avenir géopolitique de tout le continent.
Pérou et Chili : les portes du Pacifique
Le Pérou se transforme en vitrine de la logistique chinoise. Avec Chancay, Pékin y installe son hub océanique, transformant Lima en plaque tournante entre Amérique du Sud et Asie. Pour la population, ce sont des emplois et des infrastructures. Pour Washington, c’est une base arrière de la marine marchande chinoise sur le Pacifique sud.
Quant au Chili, il incarne un paradoxe cruel pour les Américains. Premier exportateur mondial de cuivre, grand producteur de lithium, Santiago vend près de la moitié de sa production à la Chine. Les États-Unis peuvent bien multiplier les pressions, la réalité est brute : Pékin est le client numéro un, incontournable.
Argentine et Bolivie : le front du lithium
En Argentine, les géants chinois ont déjà mis la main sur le secteur du lithium. Le nouveau gouvernement de droite à Buenos Aires tente de rassurer en parlant de « rééquilibrage », mais la réalité est brutale : étranglée par une dette colossale, l’Argentine n’a tout simplement pas d’investisseurs alternatifs de la même envergure. Pékin reste incontournable.
La Bolivie, de son côté, n’a jamais réussi à sortir de sa spirale d’instabilité chronique. Les gouvernements de gauche avaient promis de faire du pays la « Arabie saoudite du lithium ». Promesse envolée. Les conservateurs qui leur ont succédé n’ont guère de marge : faute d’alternative, ils doivent prolonger les accords avec Pékin. Résultat : La Paz s’enfonce dans l’orbite chinoise, ne conservant qu’un minimum de marge de manœuvre diplomatique.
Venezuela : l’échiquier de la confrontation
Le Venezuela est la poudrière du continent. Washington y prépare une pression militaire accrue contre le régime Maduro. Pékin, lui, a injecté des milliards dans l’industrie pétrolière vénézuélienne, notamment pour accéder au brut lourd de l’Orénoque. Si une opération américaine devait se matérialiser, elle frapperait Caracas de plein fouet… mais aussi les intérêts chinois.
Pour Washington, le message est limpide : toute alliance trop ostensible avec Pékin sur le continent peut se retrouver dans la ligne de mire. Résultat : une atmosphère de méfiance et de risque plane désormais sur chaque nouveau projet chinois dans la région.
Cuba : le fantôme de la guerre froide
L’île redevient un foyer de crispation. Ports financés par la Chine, centrales électriques, rumeurs insistantes de stations de renseignement électronique, explosion du commerce bilatéral… Aux yeux des stratèges américains, tout cela résonne comme un écho de 1962.
La différence, cette fois, c’est qu’il ne s’agit pas de missiles soviétiques mais de capitaux et d’entreprises chinoises. Mais pour Washington, le danger est comparable : une dépendance économique croissante peut très vite se transformer en levier politique, puis militaire.
Trois scénarios pour l’avenir
Trois trajectoires s’offrent au continent.
Premier scénario : la victoire chinoise. Pékin achève la Transamazonienne, consolide Chancay, verrouille le triangle du lithium. Washington, réduit à des coups d’éclat, échoue à proposer une alternative crédible. L’Amérique latine bascule lentement dans l’orbite de Pékin, fournisseur de matières premières et maillon logistique.
Deuxième scénario : le retour en force de Washington. Les États-Unis orchestrent un changement de régime à Caracas, renforcent leur présence militaire, étouffent les projets chinois via des offensives écologiques et juridiques. Le canal de Panama redevient une chasse gardée américaine. Le continent se recentre sur Washington, même si Pékin conserve quelques bastions.
Troisième scénario : l’équilibre instable. Pékin et Washington poursuivent leur bras de fer, mais aucun ne prend l’ascendant. Les pays de la région exploitent cette rivalité, jouent les deux camps l’un contre l’autre et repoussent le moment du choix définitif.
Les « guerres des corridors » : nouveau miroir du monde
Au fond, l’Amérique latine s’inscrit dans une dynamique globale : celle des « guerres des corridors ». Lignes de fracture non plus seulement militaires ou diplomatiques, mais logistiques : rails, ports, pipelines, hubs énergétiques. Celui qui tient les corridors tient l’avenir.
Pour Pékin, l’Amérique latine est une assurance-vie : diversifier ses routes, sécuriser ses matières premières, contourner les goulets d’étranglement. Pour Washington, c’est un arrière-cour stratégique, dont la perte signifierait un recul historique dans l’affrontement planétaire.
C’est là, des forêts amazoniennes aux hauts plateaux andins, que se joue la vraie question du XXIe siècle : le monde restera-t-il unipolaire, dominé par Washington, ou bien la Chine réussira-t-elle à s’imposer comme un rival d’égal à égal ?