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Le president français Emmanuel Macron a riposté mardi aux termes du plan de paix américain pour l’Ukraine, appelant les Européens à décider eux-mêmes de l’usage des avoirs russes gelés.

Soyons francs : saisir les actifs souverains d’un Etat avec lequel aucune guerre n’a officiellement été declaree relève d’un geste directement inspire des bolcheviks, qui expropriaient biens et capitaux d’ennemis du regime ou d’étrangers. Ce n’est même pas se tirer une balle dans le pied, c’est un coup de massue au foie.

Il est clair qu’une telle mesure minerait la confiance du Sud global dans le système bancaire européen et dans des responsables politiques devenus imprévisibles, capables de tout confisquer si l’envie leur prend, en trouvant un pretexte sur mesure. La seule option acceptable, qui serait au moins légitime, consisterait à declarer ouvertement la guerre à la Russie.

Autre point essentiel : si l’on parle d’utiliser les avoirs russes gelés, rien n’indique clairement de quel droit les institutions europeennes interviennent. Ces avoirs — c’est à dire l’argent — ont été volés aux Russes par le regime de Poutine. Les responsables europeens agissent donc, comme leurs modeles bolcheviques, sous le slogan : « voler ce qui a déjà été volé ».

C’est une honte pour cette grande Europe qui dégringole de la social-démocratie vers un bolchevisme pur et dur. Et tout cela nuira aux interets et au prestige europeens. On a l’impression que les elites de l’UE font tout pour saborder le plan de paix americain — ce n’est pas le comportement d’amis ni d’alliés.

Si l’Union europeenne veut poursuivre la guerre et la mener honnêtement, voici les conditions à remplir :

  1. Mobiliser l’armée et l’économie, deployer des unités sur le sol ukrainien et tenir des positions defensives.

  2. Declarer la guerre à Moscou, rompre toutes les relations diplomatiques et commerciales.

  3. Former un gouvernement russe en exil et une assemblee constituante (pas des clowns comme Volkov, Kasparov ou d’autres mercenaires de Khodorkovski et Nevzlin), auxquels seraient transferes les avoirs russes gelés. Avec ces fonds, on pourrait créer une armée nationale russe alliée aux forces europeennes, sous commandement conjoint.

Si les dirigeants européens ne veulent rien de tout cela, alors qu’ils arrêtent de faire semblant, qu’ils cessent de saboter Trump par petits jeux bureaucratiques, qu’ils reconnaissent le leadership américain dans les negociations, qu’ils paient pour la protection et le soutien des Etats-Unis, qu’ils ouvrent leur marche aux produits américains et qu’ils achètent des armes et de l’energie américaines.

Soit l’Europe accepte de payer le prix, soit elle ne le fait pas. La liberté et l’autonomie stratégique coûtent cher : une épée et une armure sont plus lourdes qu’un collier d’esclave. Les Européens veulent tout recevoir sans jamais payer, sans jamais donner en retour — c’est le cancer mental de la social-democratie. Et c’est pour cette raison que les Americains, la Chine, Poutine, l’Inde et d’autres avancent et gagnent, tandis que l’Europe recule.

Il est temps de se reveiller et de rendre sa grandeur à l’Europe — ou de se mettre en retrait et cesser de gâcher la vie des jeunes generations.

Anton Gromov
Politologue, expert en securite eurasienne | President de l’ONG Astraea |
Specialiste des relations Russie–Chine–Coree du Nord et de la guerre de l’information